Ottawa (Ontario), le 13 juillet 2010
La circulation de l'information et des idées parmi les chercheurs constitue un élément fondamental du processus de la découverte et de l'innovation. Il est impératif de veiller à ce que les données de recherche du Canada soient accessibles et faciles à utiliser par toutes les générations de chercheurs canadiens pour faire en sorte que ces derniers demeurent à l'avant-garde de la R.-D. au Canada et partout dans le monde.
Actuellement, le Canada ne dispose d'aucune stratégie coordonnée qui vise la réutilisation et la réorientation des données de recherche pour résoudre des problèmes pressants liés à la recherche et commercialiser des résultats. Nous avons besoin de politiques en ce qui concerne l'intérêt public pour ces données.
Recommandations :
Une stratégie relative à la gérance et à l'utilisation des données pourrait devenir une initiative importante et peu coûteuse lorsque sera effectuée la mise à jour en vue de la prochaine décennie de la stratégie sur les sciences et la technologie du gouvernement fédéral, Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada. Les quatre domaines de priorité clés de cette stratégie dépendent énormément des données.
Les gouvernements et les chercheurs canadiens subventionnés par l'État produisent des quantités astronomiques de données qui recèlent un potentiel énorme pour d'autres découvertes et innovations. Actuellement, le Canada ne dispose d'aucune stratégie coordonnée qui vise la réutilisation et la réorientation des données de recherche pour résoudre des problèmes pressants liés à la recherche et commercialiser des résultats. Nous avons besoin de politiques en ce qui concerne l'intérêt public pour ces données. À l'heure actuelle, le Canada est désavantagé par rapport à d'autres nations. En 2004, le Canada a marqué son accord sur les Principes et lignes directrices de l'OCDE pour l'accès aux données de la recherche financée sur fonds publics. Toutefois, contrairement à d'autres signataires, le Canada n'a pas encore pris de
mesures concrètes pour corroborer cet accord. Par conséquent, des quantités énormes de données financées par des fonds publics se perdent, de même que la possibilité de les réutiliser.
On investit des sommes considérables dans ce domaine aux États-Unis, en Europe, en Chine et en Australie. Ces pays reconnaissent la valeur potentielle des données de recherche pour accélérer les nouvelles découvertes lorsqu'il est possible de les réutiliser et de les réorienter. Par exemple, l'Australie dépense actuellement 72 millions de dollars sur une période de 4 ans pour le programme d'infrastructure de recherche Australian Research Data Commons (ARDC) et possède d'autres programmes qui traitent du calcul de haute performance et d'autres aspects essentiels de l'économie numérique. La National Science Foundation des États-Unis, par exemple, a mis sur pied, en 2008, les Sustainable Digital Data Preservation and Access Network Partners (DataNet), et investira 100 millions de dollars sur une période de 5 ans dans des projets qui permettront de créer une capacité nationale. Le 7e Programme-cadre de la Commission européenne possède un nouveau programme qui vise la mise en réseau de dépôts européens de données scientifiques (DRIVER-II). Le Canada se doit d'investir dans une infrastructure similaire en gestion de données de recherche pour maximiser notre rendement de l'investissement en recherche qui totalise 5 milliards de dollars par année.
Des possibilités réelles de nouvelles découvertes ont déjà été réalisées grâce à l'accès à des données recueillies antérieurement. Le domaine de la génomique, avec ses applications industrielles de plus en plus nombreuses, est le fruit du libre accès aux données. De la même façon, l'utilisation sur une grande échelle des appareils de localisation GPS est la conséquence d'une gestion efficace des données géospatiales par le gouvernement et d'autres établissements de recherche. D'autres exemples d'initiatives de « libre accès » aux données, comme celles lancées récemment aux États-Unis et au Royaume-Uni, visent une utilisation créative accrue par la sphère non gouvernementale des données produites à l'échelle gouvernementale en favorisant la concrétisation d'idées, d'applications Web et d'outils innovateurs.
Une stratégie relative à la gérance et à l'utilisation des données pourrait devenir une initiative importante et peu coûteuse lorsque sera effectuée la mise à jour en vue de la prochaine décennie de la stratégie sur les sciences et la technologie du gouvernement fédéral, Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada. Les quatre domaines de priorité clés de cette stratégie dépendent énormément des données. Par exemple, des études longitudinales coûteuses et menées à grande échelle sur la santé sont souvent difficiles ou impossibles à répéter, ce qui fait de la conservation des données l'élément central de toute découverte ultérieure. En matière d'énergie, la capacité d'appliquer de nouvelles technologies de forage à des puits autrefois « à sec » a permis de produire de grandes quantités de nouveau pétrole en réexécutant d'anciennes données sismiques. Des compagnies minières se servent entre autres de données géospatiales pour orienter de nouveaux investissements dans le Nord. Il existe des exemples dans tous les champs d'études. La façon dont nous choisissons, en tant que nation, d'assurer la gestion des données de recherche aura des répercussions directes sur notre capacité de les exploiter pour en retirer des avantages économiques.
Nos recommandations exposent ce que le Canada peut faire pour obtenir le maximum de retombées économiques issues des données de recherche créées par les gouvernements et la recherche financée par les fonds publics.
La circulation de l'information et des idées parmi les chercheurs constitue un élément fondamental du processus de la découverte et de l'innovation. Il est impératif de veiller à ce que les données de recherche du Canada soient accessibles et faciles à utiliser par toutes les générations de chercheurs canadiens pour faire en sorte que ces derniers demeurent à l'avant-garde de la R.-D. au Canada et partout dans le monde.
Le Groupe de travail sur la stratégie des données de recherche est le fruit d'un effort concerté visant à aborder les défis liés à la gestion et à la préservation des données de recherche, ainsi qu'à leur accès, à l'échelle nationale. Ce groupe multidisciplinaire composé d'universités, d'institutions gouvernementales, de bibliothèques de recherche, d'organismes subventionnaires fédéraux et de chercheurs est conscient du besoin urgent de régler les problèmes canadiens de gestion des données. Ensemble, ils mettent l'accent sur les mesures appropriées et les rôles de leadership que les chercheurs et les instituts peuvent adopter pour veiller à ce que les données de recherche soient accessibles et faciles à utiliser par toutes les générations de chercheurs canadiens.
http://rds-sdr.cisti-icist.nrc-cnrc.gc.ca/fra/index.html
Le Groupe de travail et les groupes d'études comprennent des représentants d'organisations comme : des universités (chercheurs), des centres des données de recherche, des bibliothèques de recherche (ABRC) et du CDPIUC (DPI); des organismes subventionnaires; des organismes et ministères scientifiques gouvernementaux (ICIST-CNRC, StatCan); Calcul Canada; CODATA Canada. La liste des membres du Groupe de travail se trouve à l'adresse suivante : http://rds-sdr.cisti-icist.nrc-cnrc.gc.ca/fra/membres.html.